Comment l'hypnose m'a aidée à traverser
l'épreuve du cancer.
Histoire d’une guérison
hors du commun
Par Jean-Michel Gurret
« Notre peur la plus profonde n'est
pas d'être inaptes. Notre peur la plus profonde
est d'avoir un pouvoir incommensurable. C'est notre
propre lumière, non pas notre noirceur,
qui nous effraie le plus. Nous nous demandons :
- qui suis-je pour être brillant, formidable,
plein de talents, fantastique ? En réalité,
pourquoi ne pourrions-nous pas l'être ? (…)
Nous déprécier ne sert pas le monde.
Ce n'est pas une attitude éclairée
de se faire plus petit qu'on est pour que les autres
ne se sentent pas inquiets. Nous sommes tous conçus
pour briller, comme les enfants. Nous sommes nés
pour manifester la gloire qui est en nous. Cette
gloire n'est pas dans quelques-uns. Elle est en
nous tous. Et si nous laissons notre lumière
briller, nous donnons inconsciemment aux autres
la permission que leur lumière brille. Si
nous sommes libérés de notre propre
peur, notre seule attitude libère automatiquement
les autres de leur peur. »
Marianne Williamson
Introduction
Ce texte est un témoignage écrit avec
la collaboration étroite et amicale de ma
patiente. Il raconte comment celle-ci a traversé l’épreuve
du cancer et en a guéri grâce à sa
détermination, à sa lucidité quant
aux limites de la médecine classique et à son
envie de prendre les choses en main.
Françoise L. a connaissance de son diagnostic
de cancer peu après avoir fêté son
55ème printemps. Elle a vécu
20 années de sa vie en Australie, proche de
la nature. Elle est initiée au niveau 2 de
Reiki et pratique la méditation régulièrement.
C’est ainsi qu’elle décide de
ne pas s’en remettre aux médecins les
yeux fermés. « A eux le corps, à moi
l’âme », pourrait-elle
dire… Bien sûr, il n’est pas question
de se passer de l’arsenal thérapeutique
classique : « il est impératif
d’être pris en charge par une structure
compétente (le centre Léon Bérard
en ce qui la concerne), mais je suis convaincue
qu’après avoir vécu cette expérience,
il est utile d’aller plus loin et de travailler
sur les causes de la maladie. L’être
humain est holistique, il faut traiter le corps et
l’esprit » dit-elle.
Dans sa quête, l’hypnose - aux côtés
d’autres techniques - occupe une place importante,
voire centrale. C’est ce que ce mémoire
expose dans ces quelques pages.
Abemus papam……
19 avril 2005 : un petite fumée blanche
s’élève dans le ciel de Rome
sous les yeux de milliards de personnes dans le monde… « Abemus
papam », nous avons un Pape…. Pour
Françoise L., cette date résonne à sa
mémoire avec un tout autre sens : « vous
avez un cancer » se souvient-elle, les
yeux mouillés d’émotion. Un véritable
choc, l’impression d’étouffer,
que le monde s’arrête : « c’est
comme une chape de plomb qui s’abat sur moi,
la sensation que les couleurs se modifient, que les
sonorités se distordent tout d’un coup,
le goût dans ma bouche se modifie, tourne à l’amertume… ». « Nous
avons un pape, vous avez un cancer…. J’ai
un cancer !!! ». Tout se mélange,
la certitude du diagnostic, le doute quant à l’avenir, à ce
qui va se passer à court et moyen terme. A
tout jamais, le nom de ce pape carcinogène
restera gravé tel un ancrage dans son esprit…
Alors même que cette terrible nouvelle était
attendue, Françoise se retrouve KO debout
en lisant et relisant le diagnostic : « carcinome
non à petites cellules, vraisemblablement à type
adénocarcinome ». En clair :
une tumeur cancéreuse au poumon droit…
Françoise se repasse le film dans sa tête
en accéléré. Le décès
de ses deux parents à 15 jours d’intervalle
en août 2004, une mauvaise pneumopathie en
janvier 2005 et la détection d’une tache
suspecte au poumon droit lors d’une radio de
contrôle. Puis c’est l’enchaînement
des examens entre février et mars 2005 :
biopsie des bronches, analyses, scanner, fonction
respiratoire, etc. Et puis, le 19 avril, le diagnostic
tombe, tel un couperet, comme une sentence.
Premier rendez-vous au Centre Léon
Bérard
Le rendez-vous est pris au Centre Léon Bérard
une semaine plus tard [1].
Françoise y découvre la froideur du
monde médical. Le premier rendez-vous se passe
avec des tensions d’autant plus fortes qu’elle
refuse le protocole de chimiothérapie qui
lui est proposé alors. Elle est en train de
finir de régler l’ensemble des problèmes
de succession de ses parents et doit procéder à la
mise en vente de la demeure familiale. Elle fixe
donc un nouveau rendez-vous à son oncologue
deux mois plus tard.
Durant cette période, elle va s’employer à dynamiser
son système immunitaire grâce à l’homéopathie
et la naturopathie. Elle commence donc par un nettoyage
en profondeur de l’organisme : le foie,
les reins et le sang. Puis elle rencontre un « phyto-neuro-biologiste » qui
utilise avec elle différentes techniques dont
la kinésiologie, la phytothérapie et
la chromothérapie. Elle effectue alors un
travail de recherche de toutes ses émotions
non gérées à l’origine
de son cancer. Dès la première séance
elle en identifie sept, dont les deux plus fortes
remontent à 12 ans, dans la même année.
Effectivement, le 24 janvier 1994, son mari la quitte
pour une femme de la moitié de son âge… et
le 25 décembre 2004, suite à une dispute
lors du repas de Noël, ses parents la mettent à la
porte de la maison familiale avec sa fillette. « Mon
père nous a dit que nous pouvions partir,
mais c’est ma mère qui a prononcé la
sentence d’exclusion en me demandant quand
est-ce que je partais » appuie-t-elle.
Pour résoudre la première émotion,
elle effectue une correction « neurophysiologique » en
se tapotant sur les méridiens d’acuponcture
en se répétant la phrase d’émotion : « je
ne comprends pas l’abandon de mon mari ».
Puis, pour la seconde émotion, elle se tapote
sur les pommettes en répétant la phrase : « je
n’admets pas le rejet de mes parents »,
jusqu’à ce que l’émotion
disparaisse.
Elle réussit ainsi à se libérer
de ses deux principales émotions négatives.
Les cinq autres, mineures, sont également
rapidement évacuées.
Il est important de bien noter ces deux émotions
principales car c’est grâce à une
régression sous hypnose que Françoise
parviendra à retrouver et éliminer
la toute première émotion non gérée
qu’elle estime être à l’origine
de son cancer.
Françoise s’administre également
elle-même des soins grâce à sa
pratique du Reiki [2]
et continue également à se nettoyer
intérieurement, notamment de ses métaux
lourds, tels que le plomb et le mercure. Elles fait
remplacer tous ses plombages et suit plusieurs séances
d’Aquadetox [3].
La tumeur augmente de 15 %
Lors du deuxième rendez-vous au Centre Léon
Bérard, le scanner révèle que
la tumeur a progressé de 15%. Françoise
est déçue : tout ce qu’elle
a fait d’elle-même durant ses deux mois
n’a pas suffi. « Ce dont je
suis persuadée aujourd’hui, c’est
que les deux approches, traditionnelle et alternative
sont indispensables, l’une ne va pas sans l’autre
et il est vain de les opposer » poursuit-elle.
Un protocole de chimiothérapie est donc décidé et
Françoise se fait poser un « pac » le
15 juillet 2005. Ce « pac » est
en fait une chambre à cathéter implantable,
un petit boîtier implanté sous la peau
et relié à un cathéter lui même
implanté dans une grosse veine. Posé sous
anesthésie locale, ce système permet
d'administrer des traitements par voie intraveineuse
(perfusions) sans solliciter les veines du bras,
qui peuvent alors être réservées
aux prises de sang. Il est notamment utilisé pour
les chimiothérapies anticancéreuses.
La première chimiothérapie se déroule
le 22 juillet 2005, un vendredi, se souvient Françoise.
Le protocole prévoit 3 injections de Carbo-taxol
espacées de 3 semaines, suivies d’un
scanner de contrôle à l’issue
de la première et de la troisième séance. « Cette
première chimio a duré 4 heures et
s’est très bien passée. Je crois
que mon corps qui était bien préparé et
nettoyé a parfaitement bien répondu »,
témoigne-t-elle.
De fait, durant 48 heures, Françoise ne ressent
aucun effet secondaire. Puis le dimanche soir, l’enfer
ouvre ses portes…
« La douleur était telle que
j’ai sombré dans une demi-inconscience, explique
t-elle, la gorge nouée. Il s’agissait
d’une douleur inconnue pour moi, une douleur épouvantable à la
moelle épinière, très diffuse
et incontrôlable. Je la sentais à l’intérieur
de mes os, dans la colonne vertébrale et
aussi dans les os du corps, les bras, les jambes.
Elle était vivante, elle bougeait, changeait
de direction, montait et descendait dans le corps,
passait de droite à gauche et de gauche à droite.
J’étais alors clouée au fond
de mon lit, totalement impuissante, seule, perdue, éperdue »…
Lundi, vers 2h00 du matin, elle ressent une violente
douleur au niveau du poumon droit durant 20 à 30
minutes. « Une éternité….
Sur une échelle de 0 à 10, je la situerai à 9
ou 10, c’était à la limite du
tolérable, pratiquement insupportable. Je
ne saurais dire dans quel état j’étais.
J’ai alors vu devant moi, en trois dimensions,
comme une lame qui séparait la tumeur de la
plèvre. L’ai-je rêvé ?
Etait-ce l’immensité de la douleur qui
me faisait délirer ? Puis j’ai
vu mes mains devant moi, comme avec des doigts de
métal prendre cette tumeur et l’écraser
avec des bruits de succions pour l’anéantir.
Ces douleurs ont duré jusqu’au mardi
soir. J’avais très soif, j’étais
incapable de dormir et je ressentais une forte oppression
au niveau du thymus. Mon visage était rouge écarlate,
la peau du corps grise avec des marques rouges à toutes
les pliures ».
Le samedi 30 juillet, les effets secondaires semblent
s’atténuer et à partir du mercredi
3 août, soit dix jours après la première
injection, Françoise commence à perdre
ses cheveux par poignées. Au-delà de
la gêne physique, elle est en permanence embarrassée
par les cheveux qui la grattent sans arrêt.
Elle décide donc de se faire raser la tête,
une semaine plus tard, au Centre Léon Bérard,
le jeudi 11 août. Ce jour-là, elle passe également
une scintigraphie osseuse qui la rassure : pas
de métastases au niveau du squelette….
Réaction allergique à la deuxième
chimiothérapie
Lors de la deuxième chimiothérapie,
le vendredi 12 août, Françoise réagit
violemment par une allergie et une oppression forte
du thymus. Elle frôle le choc prophylactique… A
priori, cette réaction est due au Taxol, supprimé du
mélange qui lui est injecté. La douleur
est également présente, mais seulement à 30%
des précédentes crises traversées.
Françoise se sent en équilibre instable.
Cette sensation de perte d’équilibre
se prolonge dans les jours suivants. Elle dort beaucoup
le lundi suivant et le mardi, elle émerge
un peu, très affaiblie et en constante perte
d’équilibre.
Tant que la tumeur continue de croître, elle
n’est pas opérable. De plus, certaines
cellules cancéreuses peuvent s’échapper
de la tumeur et entraîner des métastases
sur un autre organe.
Durant la semaine du 22 au 26 août, elle ressent
des vertiges et une impression bizarre au niveau
du thymus, qu’elle compare à des jets
de karcher violents. Certaines zones du corps deviennent
plus sensibles, comme par exemple les ongles des
pieds.
Françoise monte à Roissy le 27 août
afin d’accueillir Angélique, sa fille,
qui rentre d’Australie. Elle en profitera pour
acheter des tongs, les seules « chaussures » supportables à ce
moment …
Une séance d’hypnose avant
la troisième chimiothérapie
La troisième chimiothérapie est fixée
le 6 septembre. Je rencontre Françoise pour
sa première séance d’hypnose
la veille, le jeudi 5 septembre.
Elle entre dans mon cabinet, souriante et détendue,
sa tête est enveloppée dans un turban.
Il fait chaud en cette fin d’après-midi… « Cela
vous dérange-t-il si j’enlève
mon turban ? Certaines personnes sont parfois
gênées par ma nouvelle coiffure », me
lance-t-elle.
"Faites, généralement les
chauves sourient et c’est bien agréable",
osais-je.
« Tout d’abord, je voudrais
savoir comment vous appelez votre maladie ? ».
"Je dis que j’ai un cancer du poumon
ou que je me suis fait un cancer du poumon".
La glace est rompue et nous commençons l’anamnèse
durant laquelle elle m’expose tout son historique
ainsi que les phases les plus récentes de
son traitement.
« Mon objectif est simple, dit-elle : ma
tumeur est actuellement en progression et tant
que cela continue, je ne suis pas opérable.
Je veux que ma tumeur régresse afin d’être
opérée. Pour moi, il s’agit
d’une question de vie ou de mort.
Compte tenu du travail que j’ai fait sur
moi, j’ai conscience que l’origine
de mon cancer remonte à la séparation
d’avec mon mari et que le déclencheur
a été le décès de mes
parents. Je pense qu’il me faut aujourd’hui
remonter loin dans le passé afin de retrouver
ma mémoire cellulaire et de faire les corrections
qui s’imposent. Je veux aller au fond des
choses, comprendre le message adressé, ce
que je n’ai pas encore vu…».
Je termine rapidement l’anamnèse avec
la conviction qu’une Remodélisation
Hypnotique d’histoire de Vie s’applique
parfaitement dans ce cas. Françoise est heureusement
ma dernière patiente. Elle est installée
confortablement dans son fauteuil.
« Bien, tout d’abord,
je vais vous demander de penser à votre
cancer, de le ressentir à l’intérieur
de vous. A-t-il une forme particulière ?
Une couleur ? Un poids ? Ce n’est
pas la peine de répondre, juste pensez-y
fortement, concentrez-vous sur cette sensation.
Je sais que cela n’est pas franchement agréable
mais nous avons besoin de l’énergie
contenue dans cette émotion afin d’en
retrouver son origine ».
Françoise change de physionomie, sa respiration
s’accélère. « C’est
bien, vous y êtes ? Signe de la tête… OK
et maintenant sortez de là. Vous
faites comme à la piscine, vous vous laissez
descendre au fond et vous mettez un bon coup de pied
afin de remonter rapidement.
Bien voilà, et maintenant vous
pouvez commencer à vous installer dans une
position dans laquelle vous vous sentirez bien,
et c’est plus agréable quand on est
confortable et vous pouvez d’ailleurs prendre
plaisir à commencer à découvrir
un certain confort. Et vous n’êtes
pas obligée de m’écouter, ni
de faire quoi que ce soit, juste laisser faire.
Et vous respirez calmement et de plus en plus
profondément et le corps commence à se
détendre, et à chaque inspiration,
vous pouvez entrer de plus en plus dans un état
modifié de conscience.
Et à chaque inspiration, vous fermez
les yeux. Et vous les ouvrez à l’expiration
et à chaque inspiration, vous laissez les
yeux se fermer, puis se fermer à l’expiration,
voilà à chaque inspiration les paupières
se ferment, puis s’ouvrent encore et c’est
comme si, à chaque inspiration, les paupières
restent fermées, un peu plus longtemps à chaque
fois. […]
Juste vous laisser l’inconscient remonter
le temps, comme on rembobine un film sur un magnétoscope,
vous laisser les images se dérouler à toute
allure en marche arrière, juste à la
recherche d’une séquence où vous
ressentez cette émotion ».
Françoise s’est laissée aller
dans une transe profonde. Elle semble vouloir parler
et je l’encourage.
« J’ai trois ans, dit-elle
avec une petite voix ».
« C’est très bien. Prenez
le temps de voir, d’entendre et de ressentir
tout ce qu’il y a d’utile et d’important
pour vous à connaître. Allez encore
plus loin, et ma voix vous accompagne, aussi loin
que l’esprit inconscient souhaitera aller,
au tout début, à l’origine
de tout cela (ancre maintenue) ».
Françoise ne parle plus maintenant, comme
si elle était bloquée. Je suppose qu’elle
est peut-être trop petite pour parler en étant
associée.
« En restant bien assise confortablement
ici, vous allez projeter tout ceci sur un écran,
comme au cinéma, et me décrire ce
que vous voyez et ce que vous entendez, sans ressentir
quoi que ce soit de pas vraiment agréable ».
Tout d’un coup, Françoise pleure et
crie : « je ne suis pas
moi, je suis mon frère ».
« Où êtes-vous, que
voyez-vous », lui demandais-je
un peu perdu ?
« Je suis dans le ventre
de ma mère, je vais mourir »…
Ce n’est qu’à la fin de la séance
que Françoise m’expliquera que deux
ans avant sa naissance, sa mère a trébuché sur
une grille dans la rue et en tombant, a perdu un
bébé à son cinquième
mois de grossesse. Mais pour l’instant, je
suis de plus en plus perdu…
« Remontez encore plus loin,
faites comme à la piscine, aidez-vous d’un
bon coup de pied dans le fond et remontez encore
plus loin ».
« Oh non, ce n’est
pas vrai, dit-elle en pleurant. Non pas ça… » Elle
décrit son père en train de forcer
sa mère à faire l’amour,
suite à une remarque de celle-ci sur la
faiblesse de la fréquence de leurs rapports… « Maman
n’est pas d’accord car papa est en
colère », dit-elle.
« Allez encore avant, plus
avant, avant tout cela, à l’origine
de tout ».
« Je flotte, je suis
comme une entité sans corps, non incarnée
dit-elle. Je vois mes parents, mais je ne veux
pas rentrer dans ma mère »
« Que vous faut-il pour en
avoir envie ? »
« Rien, je ne veux
pas y aller. »
« Prenez bien le temps de vivre
pleinement cet instant particulier et d’en
retirer tous les apprentissages nécessaires à plus
de compréhension et donnez vous toutes les
ressources nécessaires pour vous incarner
et pour agir différemment. Faites-vous un
lien entre cette situation et la situation présente,
votre cancer. »
Françoise reste coincée durant une
vingtaine de minutes qui me paraissent une éternité.
Elle refuse de rentrer dans sa mère, de s’incarner.
Or, il n’est pas question de la laisser là...
« Recherchez tous les comportements,
les qualités et les talents nécessaires
qui vous permettront d’être et d’agir
différemment tout au long de votre vie.
Et maintenant regardez-vous vous incarner et ressentez
cette paix, ce confort et s’il y a besoin
d’autre chose, rajoutez-la.
Ressentez la vie grandir en vous, à ce
moment précis de cette incarnation et ressentez
la force de la vie, son importance. Vivez pleinement
ce moment magique et rassasiez-vous en. Et réactualisez
tout ce à quoi vous croyez. Et sentez cela
se cristalliser en vous, bouger, vivre et croître
en vous. »
Françoise semble apaisée et sourit
maintenant.
« Bien, c’est très bien
et vous pouvez prendre du plaisir à vivre
ce que vous vivez en ce moment et à le laisser
grandir et se développer encore en vous.
Et reprenez rapidement le chemin du présent à présent,
juste pour revenir bien ici et maintenant en repassant
par toutes les étapes précédentes
et en ressentant toutes les différences
maintenant qui s’installent et se développent.
Comme par exemple lorsque vous aviez trois ans.
Et laissez vous grandir, vous fortifier et revenir
bien ici et maintenant.
Et maintenant que vous êtes revenue bien
ici et maintenant le lundi 5 septembre 2005, vous
vérifiez bien que vous occupez toute votre
enveloppe corporelle et que vous faites bien la
même taille et que vous avez bien l’âge
adulte qui est le vôtre.
Et sentez-vous libre de garder ce qui est bon
pour vous, et d’améliorer ce qui est
utile pour que ce soit bon pour vous et puis souvenez-vous
d’oublier ce qui ne vous est pas utile.
Et ce travail va continuer bien longtemps après
la fin de cette séance et votre inconscient
peut continuer de travailler sur votre objectif
de santé sans même que vous le sachiez
et il peut renforcer votre détermination à chaque
inspiration. […]
Et dans un moment, vous allez prendre deux ou
trois bonnes respirations avant de revenir bien
ici et maintenant, d’abord lentement puis
rapidement avec la sensation agréable que
quelque chose de bien est arrivé et vous
pourrez vous attendre à être merveilleusement étonnée,
dans les jours qui viennent par ce changement agréable
et positif dans votre vie. Une vie plus positive,
grâce à une attitude plus positive,
grâce à plus de confiance en vous,
d’estime de vous-même.
Vous entendez cette voix qui pourrait bien être
la vôtre, la voix de votre inconscient. Cette
voix qui dans quelques instants va décompter
de 7 à 0 et, au zéro, vous ouvrirez
les yeux sur l’avenir. Un avenir positif,
de santé, de confiance en vous, d’équilibre,
d’optimisme.
Sept : […]
Six : […].
Cinq : […]
Quatre : […]
Trois : […]
Deux : […]
Un : étirez-vous maintenant calmement,
tranquillement, vous respirez profondément.
Vous êtes bien, calme, détendue. Vous
respirez librement, tranquillement.
Et zéro : vous pouvez ouvrir vos
yeux sur votre vie nouvelle, une vie positive,
optimiste, pleine de lumière, d’harmonie
et d’équilibre. »
Françoise reprend un niveau de conscience
normal. Il est 20h30 et elle est encore secouée
par cette séance de plus d’une heure
trente.
Je ne souhaite pas faire de débriefing car
je préfère que tout ce qu’il
y a de bien reste imprégné. Elle dira
seulement, en parlant de ses parents « je
suis étonnée mais je ne suis pas surprise… ».
Puis, en se levant : elle se retourne vers
moi et me lance « je sais
que je suis guérie ».
J’accueille sa remarque sans broncher, en
cachant ma surprise. Et si c’était vrai ?
[Avec le recul, il nous apparaît que c’est
lors de cette séance de régression
que Françoise a compris à quel point
la notion de rejet est ancrée en elle, puisque
cette expérience a commencé avant
son incarnation. Cette prise de conscience lui
a permis ainsi de se libérer de cette émotion.]
Nous prenons rendez-vous pour le 20 septembre, sachant
que le scanner est prévu le 14 septembre.
Le 14 après-midi, je reçois un sms
sur mon téléphone portable, alors que
je suis en séance : « tumeur
réduite de 35%, opération possible.
Merci ».
J’en ai les jambes coupées, les larmes
aux yeux. J’ai gardé ce SMS des mois
durant en mémoire dans mon téléphone.
Mais la deuxième séance n’aura
pas lieu…
La troisième chimiothérapie qui a
eu lieu le 6 septembre, semble avoir un effet secondaire
non prévu : le déclenchement d’une
aplasie : la moelle osseuse ne fabrique plus
de globules blancs, les leucocytes, dont la fonction
première est de combattre les infections.
Alors qu'il n'y a qu'une sorte de globules rouges
et qu'une sorte de plaquettes, il y a plusieurs sortes
de globules blancs différents.
En temps normal, il y a au total entre 5000 et 10
000 globules blancs. Les globules blancs peuvent être
en faible nombre, lors d’effets secondaires
de la chimiothérapie notamment. La formule
sanguine est le détail des différents
globules blancs comptés. Ces globules blancs
sont les polynucléaires neutrophiles, les
polynucléaires éosinophiles, les polynucléaires
basophiles, les lymphocytes et les monocytes. Les
neutrophiles (on entend parfois parler de "neutro")
sont la catégorie de globules blancs la plus
importante. S'ils ne sont pas en quantité suffisamment
importante, on parle de neutropénie. Les neutrophiles
sont la seule catégorie de globules blancs
capables de combattre les infections bactériennes.
Les infections bactériennes peuvent être
très dangereuses et évoluer très
rapidement chez une personne neutropénique
(par exemple, suite à la chimio). C'est pourquoi
on vous demande d'aller à l'hôpital
sans tarder pendant la période d'aplasie.
Une infection bactérienne est toujours à redouter
en cas de fièvre et des antibiotiques à forte
dose seront donnés systématiquement
pour pallier le manque de neutrophiles. On considère
qu'au-dessus de 1000 neutrophiles, le corps est capable
de se défendre contre la majorité des
infections bactériennes. Le risque infectieux
devient très sérieux lorsque les neutrophiles
sont en dessous de 500. Il convient d'être
d'une extrême vigilance en cas de
neutrophiles sous la barre des 100.
Françoise est à 60 le 19 septembre… Elle
est ramenée d’urgence à Léon
Bérard après avoir passé le
week-end à l’hôpital de Villefranche
sur Saône. Sa numérotation de neutrophiles
varie autour de 200 durant le début de la
semaine.
Je passe voir Françoise dans sa chambre au
Centre Léon Bérard le jeudi 22 septembre,
juste pour lui dire bonjour. Elle a le visage fatigué,
parle faiblement et doucement. Quel changement par
rapport à sa première visite….
« Vous me faites une séance ? » demande-t-elle
en plaisantant. Ce n’est pas vraiment le lieu,
d’autant plus qu’en l’espace de
30 minutes, plusieurs soignants entrent dans la chambre.
En revanche, je demande à Françoise
de m’expliquer avec ses mots, l’origine
du problème et surtout ce qu’il faudrait
pour le résoudre. J’envisage de lui
enregistrer un CD-ROM dans la soirée afin
qu’elle l’écoute plusieurs fois
dans la journée du vendredi.
Je lui porte le CD enregistré dans la nuit,
avec un montage de musique, le vendredi matin 23
septembre. Il a une durée de 55 minutes. Françoise écoute
cet enregistrement six fois dans la journée
de vendredi.
Le samedi matin, son dosage est passé à 470.
Elle a le droit de rentrer chez elle. Le lundi 26
elle passe à 1100, puis le mercredi suivant à 3000.
Victoire ! Les indicateurs sont au beau fixe.
L’opération est possible et la date
est alors fixée au 20 octobre 2005.
Le chirurgien lui retire le lobe inférieur
et le lobe médian du poumon droit, ce qui
correspond à 40% du volume des deux poumons.
Le 26 octobre, l’oncologue passe la voir dans
sa chambre, tout sourire : « Madame,
vous êtes guérie, totalement, guérie,
vous n’aurez ni chimio, ni radiothérapie
complémentaires. La partie que nous avons
enlevée durant l’opération ne
contenait aucune cellule cancéreuse. Vous
aurez seulement un suivi trimestriel à faire.
Vous sortez le 1er novembre ».
Aujourd’hui, Françoise se porte bien,
ses cheveux ont repoussé, elle a perdu du
poids. Elle a récupéré 90% de
sa capacité pulmonaire seulement 4 mois après
son opération. Elle rayonne. Nous avons retravaillé ensemble
encore deux fois en décembre afin de nettoyer
les angoisses de rechute et pour faire le deuil d’une
relation affective qui n’a pas survécue à cette épreuve….
« Je tiens à témoigner
de cette expérience pour les autres patients
atteints de cancers, afin qu’ils ne se laissent
pas broyer psychologiquement par la machine de
l’hôpital. Il s’agit d’un
combat de chaque instant et l’esprit a son
rôle à jouer dans la guérison
du corps », conclut-elle.
1 [retour] Centre
régional de lutte contre le cancer, le Centre
Léon Bérard est un établissement
de soins spécialisé en cancérologie.
Il a une vocation régionale qui couvre les
huit départements de la région administrative
Rhône-Alpes (Ain, Ardèche, Drôme,
Isère, Loire, Rhône, Savoie, Haute-Savoie),
mais son rayonnement va bien au-delà puisqu'il
prend aussi en charge des malades venant d'autres
départements français et même
de l'étranger. http://oncora1.lyon.fnclcc.fr/
2 [retour] Le
Reiki Traditionnel est une pratique énergétique
japonaise stimulant les mécanismes naturels
d’auto-guérison du corps et de l’esprit.
Il prend ses sources dans les grandes traditions
orientales (Bouddhiste, Taoïste, Shintoïste)
tant sur un plan psychique, physique, qu’énergétique.
Le Reiki a été fondé par un
Japonais du nom de Mikao USUI (1865 – 1926).Toute
l’originalité de sa méthode
a été de vouloir simplifier les pratiques
spirituelles énergétiques d’origine
Bouddhiste par une pratique agnostique accessible à tout
le monde http://www.federeiki.com/.
3 [retour] L’AquaDetox
est un bain de pieds d’eau légèrement
saline dans lequel deux électrodes sont
introduites sous la forme d’une bobine (array).
Les deux électrodes fonctionnent alternativement
par un courant électrique de bas voltage.
Le courant produit ainsi un flux ionique dans l’eau.
La stimulation bio-énergétique a
un effet positif au niveau de la micro-circulation.
La micro-circulation fait partie de la circulation
liquide du corps ayant directement part dans les
actions interchangeables des substances entre le
sang et les tissus de l’organisme. La micro-circulation
joue un rôle très important dans la
régularisation de l’oxygène
et des substances nutritives pour les tissus ainsi
qu’une excrétion propre des déchets. http://www.aquadetoxfrance.com/Index.htm
Le
site de Jean-Michel Gurret