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Comment faire pour être tout le temps de bonne humeur ?

Avoir la banane, la pêche, la niaque, ce n’est pas le fruit du hasard. N’en déplaisent aux irréductibles grognons, c’est une question de volonté.

Depuis 1988, chaque jour au réveil, il nous ressert le même refrain entêtant : “Je suis de bonne bonne bonne humeur ce matin. Y’a des matins comm’ça !”. C’est à croire que depuis bientôt trois décennies, Tristan, l’interprète de ce tube musical, vit dans un monde parallèle, celui des Bisounours, où tout est beau et tout est gentil. Car à y regarder de plus près, tout le monde n’est pas de bonne humeur chaque matin. Il y a quelques mois, une étude réalisée auprès de 1 000 personnes par le bureau iVox révélait que plus de 16  % des Belges se lèvent chaque jour de mauvais poil, soit 1 adulte sur 6. Autant dire qu’un million et demi de nos concitoyens grognons dès potron-minet, ça ne passe pas inaperçu. Pire, le mal frapperait en particulier les 18-25 ans, où ils sont 1 sur 4 à se réveiller de mauvaise humeur le matin.

La bonne humeur, ça s’entretient

Toujours selon l’étude menée par iVox, trois raisons expliquent ce phénomène. La qualité et la quantité de sommeil quotidiennes. En dessous des six à huit heures par nuit, point de salut. Certains sont aussi, paraît-il, plutôt du soir que du matin. C’est ce qu’on appelle le chronotype. Ainsi, 7 personnes sur 10 frappées de “grognonite” au réveil seraient des personnes du soir. Et, bonne nouvelle, ce nombre aurait tendance à diminuer avec l’âge. Enfin, notre mauvaise humeur du matin peut aussi être liée à ce qu’on appelle “l’inertie du sommeil”, un phénomène physiologique suivant le réveil qui peut durer de quelques dizaines de secondes à deux heures et pendant lequel on est un peu groggy. La faute à notre cerveau. S’il agit comme un interrupteur entre la phase de sommeil et celle du réveil, la relance de la machine prend plus ou moins de temps.

Des siècles durant, on a pensé que nos humeurs étaient liées à des déséquilibres de fluides au sein de notre corps. Si cette théorie des humeurs est aujourd’hui dépassée, il faut reconnaître qu’Hippocrate avait tout de même vu juste lorsqu’il insinuait que des perturbations d’éléments constitutifs de notre corps étaient responsables de nos sautes d’humeur. On sait aujourd’hui que les hormones jouent un rôle important sur notre jovialité. Mieux, on a appris que nous sommes capables d’influencer très concrètement la production de celles-ci. Autrement dit, la bonne humeur est un état qui s’obtient, qui se travaille et qui s’entretient.

Ancrés dans la science

Dans son ouvrage intitulé “Réveillez vos désirs” (1), le professeur Michel Lejoyeux (un nom prédestiné !), chef des services de psychiatrie et d’addictologie aux hôpitaux Bichat et Maison-Blanche à Paris, décrit des moyens concrets pour écarter ce qu’il appelle la sinistrose. “Il s’agit, écrit-il, de présenter un style de vie où l’on redéfinit ses priorités. […] Une sorte de technique de prévention”. De la même manière qu’on entretient sa forme physique, on cultive son bien-être mental par le biais d’exercices et d’expériences positives  : “se faire plaisir avec de petits cadeaux, faire des compliments, ne plus écouter cette petite voix interne qui nous culpabilise dès qu’on s’offre un petit plaisir”. “On fait un effort sur soi, dit-il, et c’est payant, parce que c’est comme ça que l’on retrouve une relation positive au monde”.

Si ce qui précède s’apparentera pour certains à de la méthode Coué, d’autres gestes au quotidien peuvent aussi nous aider à être de bonne humeur tous les jours. Et ceux-ci sont ancrés dans la science, donc démontrable par l’expérience et par la répétition. L’exercice physique, la lumière, notre alimentation, sourire. Voilà autant de facteurs susceptibles d’influencer notre état d’esprit au jour le jour. Ils agissent sur la production d’hormones et d’autres sécrétions dans notre corps.

Le sourire jackpot

De par son caractère contagieux, la bonne humeur a un impact non négligeable sur nos relations sociales. Le sourire appelle le sourire et pose immédiatement la qualité de la relation qu’on veut entreprendre avec un quelqu’un. Et ce qui est vrai en société vaut aussi en entreprise.

Ancienne directrice des ressources humaines au SPF Sécurité sociale, Laurence Vanhée est désormais Chief Happiness Officer, autrement dit directrice générale du Bonheur. Le titre peut faire sourire, mais c’est très sérieux. Aujourd’hui, elle parcourt la planète pour “prêcher” les vertus du bonheur et de la bonne humeur dans des entreprises de toutes tailles. “Des collaborateurs heureux font des clients heureux. Ça a un impact direct sur la productivité et sur le chiffre d’affaires, explique-t-elle. Lorsque des consommateurs cherchent un avis sur un service ou une prestation, ils sont 17 % à faire confiance à la publicité. Mais ils sont 93 % à se fier à quelqu’un qui dit qu’il a eu droit à un bon service délivré avec le sourire”. On appelle ça le net promoter score, le score de recommandation. Un sourire ne coûte rien. Mieux encore, il rapporte. Cette façon d’aborder le travail remonte à une quinzaine d’années et au développement de la psychologie positive dont le père est le professeur américain Martin Seligman. Le sourire est donc un bien précieux. A une condition, qu’il soit sincère et contagieux. Forcé, il entraîne un sentiment de manipulation.

 

Source : http://www.lalibre.be/lifestyle/psycho/comment-fais-tu-pour-etre-tout-le-temps-de-bonne-humeur-5672e2633570b38a57a77ab7

25/05/2016

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